Dévoiler le potentiel de la matière 19 – 23 novembre 2025 · Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire Commissariat : Laurent Bonet · Production : Fondation Jordi Bonet
Treize artistes. Des tonnes de matière extraites des écocentres de la Vallée-du-Richelieu. Un dispositif scénographique où des réfrigérateurs vidés de leur fonction devenaient les seuils d'un parcours à la fois sensoriel et critique.
Dévoiler le potentiel de la matière a été initiée par Sabrina Brochu, agente de développement culturel à la MRC de La Vallée-du-Richelieu, dans le cadre de l'entente de développement culturel avec le Gouvernement du Québec. La MRC a confié à la Fondation Jordi Bonet le mandat de concevoir et de produire le projet. Ce qui aurait pu rester une opération de sensibilisation environnementale est devenu, par la confiance accordée à la Fondation, un espace de questionnement ouvert — un lieu où l'économie circulaire ne servait pas de thème mais de condition matérielle à une interrogation plus profonde sur notre rapport au rebut, à la valeur et au vide.
Les artistes invités — Martine Bertrand, André Boisvert, Joann Côté, Chloë Charce, François-René Despatis L'Écuyer, Raphaëlle De Groot, Jiwan Larouche, Jibé Laurin, Geneviève LeBel, Vincent Lussier, François Mathieu, Gilbert Poissant et Janna Yotte — ont travaillé à partir de matières détournées de l'enfouissement : métaux, plastiques, bois, composantes d'électroménagers. Leurs œuvres ne se contentaient pas de recycler ; elles transmutaient. Chaque geste sculptural affirmait que la matière délaissée porte en elle un potentiel que seul le regard artistique peut activer — et que cette activation est un acte politique autant qu'esthétique.
La collaboration avec la MRC de La Vallée-du-Richelieu a été exemplaire à un titre précis : l'institution a choisi de ne pas instrumentaliser l'art au service d'un message prédéfini. Elle a laissé au commissariat la liberté de construire un dispositif qui travaille la conscience plutôt que de la convaincre. Cette posture — rare, courageuse — a permis au projet de dépasser la démonstration pour devenir une expérience.
La soirée de lancement, animée par Émilie Perreault en présence des panélistes Ginette Bureau, Raphaëlle de Groot, Simon Paré-Poupart et Lucie Sauvé, a rassemblé près de 1 000 visiteurs en trois jours.
Vers Horror Vacui
Pour la Fondation Jordi Bonet, Dévoiler le potentiel de la matière constitue bien plus qu'une exposition réussie. Le projet a fonctionné comme un laboratoire — un premier terrain d'épreuve pour une hypothèse curatoriale qui dépasse l'économie circulaire pour interroger ce qui la rend nécessaire : notre peur collective du manque, cette horror vacui qui transforme la consommation en réflexe et le déchet en symptôme. Les questions ouvertes par cette première itération — sur la fermeture, le contrôle, la possibilité d'habiter le vide plutôt que de le combler — sont désormais portées par Horror Vacui – L'économie de la gratitude, un projet d'exposition itinérante en développement réunissant une nouvelle cohorte d'artistes autour d'un dispositif scénographique élargi et d'un cadre philosophique approfondi.


La Fondation Jordi Bonet remercie chaleureusement Desjardins — Caisse de Beloeil-Mont-Saint-Hilaire — pour son soutien essentiel à la réalisation de notre mission.
























