De la vacuité à la gratitude
horror vacui
Mot du commissaire de l’exposition Dévoiler le potentiel de la matière, qui fut présentée du 19 au 23 novembre dernier au MBAMSH.
La scénographie plongeait le visiteur dans un labyrinthe de réfrigérateurs blancs, ouverts et vides. Ce dispositif n'était pas esthétique, mais psychanalytique : face à ces monolithes blancs, le spectateur n'était pas devant une absence de matière ; il se trouvait au miroir de sa propre peur du vide matériel ou identitaire. Le parcours aboutissait sur les œuvres de 13 artistes d'exception.
L’époque contemporaine semble marquée par une inquiétude fondamentale : la peur du vide, cette horror vacui dont témoignent tant nos pratiques de consommation que nos débats saturés de certitudes. L’homme moderne, inquiet de sa finitude, cherche à combler le moindre interstice par l’accumulation d’objets, d’informations ou d’opinions. Ce comblement, loin d’apaiser durablement l’angoisse, alimente un cycle de destruction qui touche aussi bien le vivant que nos propres facultés d’attention.
Il convient dès lors de déplacer notre regard. L’opposition traditionnelle entre le vrai et le faux, si légitime en soi, se révèle insuffisante lorsqu’elle s’adresse à des consciences fermées. Une vérité, fût-elle irréfutable, ne trouve pas prise sur un esprit barricadé ; elle renforce au contraire la crispation identitaire. C’est pourquoi la distinction entre ouverture et fermeture offre un cadre plus pertinent. La fermeture se caractérise par la contraction, le contrôle, l’érection d’un rempart contre toute altération. L’ouverture, au contraire, suppose une vulnérabilité assumée : elle accueille le vide comme un espace de possible et non comme un gouffre à conjurer.
Pour moi, l'une des clés m’oblige à ce retour sur moi-même ; cette exigence ne me laisse pas le loisir de désigner des coupables à l’extérieur, sans me demander ce que je porte, moi aussi, de l’humanité que je voudrais corriger.
Lorsque l’on passe de la peur du manque à l’accueil du vide, la pulsion de destruction s’évanouit. On cesse de combler compulsivement ; on apprend à habiter l’espace disponible.
Cette transformation ne procède ni de la volonté seule ni d’un effort conceptuel. Elle s’opère souvent au terme d’une impasse : lorsque l’ego, épuisant ses stratégies de défense, se voit contraint d’abandonner ses certitudes. C’est alors que peut surgir l’intuition, forme d’intelligence non discursive par laquelle le vivant se donne à nous.
L'intelligence émotionnelle comme discipline
Il existe des méthodes pour cultiver cette disponibilité. L'éducation émotionnelle, les pratiques contemplatives — autant d'outils qui permettent d'apprendre à habiter l'inconfort sans se fermer.
Ces pratiques ne remplacent pas le passage par l'impasse. Elles peuvent rendre le processus moins destructeur — pour soi, pour l'autre.
C'est ce que fait l'artiste avec la matière. Il ne force pas. Il compose. Il négocie avec ce qui résiste. Il accepte que la matière ait son mot à dire. Il cultive cette capacité rare : rester disponible quand tout voudrait qu'on se ferme.
L’art joue ici un rôle déterminant. Là où l’argumentation rationnelle échoue, l’œuvre atteint les affects, contourne les barrières psychiques et ouvre un espace de résonance. La transmutation du rebut en objet poétique, telle que l’accomplissent les artistes présentés, n’est pas un geste anecdotique : elle manifeste que la valeur naît moins de la matière que du regard qui s’y porte. Ainsi comprise, la création artistique devient un exercice d’ouverture, un entraînement à percevoir le potentiel au cœur même du délaissé.
L’horizon de cette démarche est la gratitude. Non une gratitude naïve, mais une reconnaissance lucide de ce que le vide n’est pas un néant, mais un lieu d’accueil. Traverser l’angoisse, déposer l’armure des certitudes, c’est retrouver un rapport au monde fondé sur l’attention plutôt que sur la domination.
Ce que cette exposition doit aux institutions
Cette exposition, Dévoiler le potentiel de la matière, est le fruit de la MRC de La Vallée-du-Richelieu et a été rendue possible grâce au Gouvernement du Québec, dans le cadre de son programme d’entente de développement culturel. Ce soutien n'est pas anodin. Il témoigne d'une conviction : que la culture a un rôle à jouer dans la transformation collective.
La MRC a mandaté la Fondation Jordi Bonet pour matérialiser ce projet. Elle aurait pu exiger une exposition "utile" — un outil de communication pour promouvoir des politiques environnementales ou des objectifs de développement durable. Elle ne l'a pas fait. Elle a laissé la liberté de créer un espace de questionnement plutôt qu'un espace de réponses. Un lieu d'expérience plutôt qu'un lieu de démonstration.
Cette confiance est rare. Elle mérite d'être nommée.
Je tiens également à remercier le Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire pour son accueil, la Ville de Mont-Saint-Hilaire et ses élus, le Gouvernement du Québec pour leur soutien dans le cadre de l'entente de développement culturel, ainsi que nos partenaires, dont Desjardins, Caisse Beloeil–Mont-Saint-Hilaire, pour la confiance qu'ils ont accordée à la Fondation Jordi Bonet et la liberté qui m'a été laissée dans la conception de ce projet.
Ainsi que les artistes suivants : Martine Bertrand, André Boisvert, Joann Côté, Chlöe Charce, François-René Despatis L'Écuyer, Raphaëlle De Groot, Jiwan Larouche, Jibé Laurin, Geneviève LeBel, Vincent Lussier, François Mathieu, Gilbert Poissant, Janna Yotte.
Je remercie également nos panélistes présents lors de la soirée VIP animée par Émilie Perreault : Ginette Bureau, Raphaëlle de Groot, Simon Paré-Poupart et Lucie Sauvé.
Ainsi que tous ceux qui ont travaillé de près ou de loin à la réalisation de cette exposition et les bénévoles pour leurs participations.
Laurent Bonet
Directeur général et commissaire
Fondation Jordi Bonet
2 décembre 2025


Kaput 2025
Merci au Festival Kaput ! et à la Ville de Beloeil d’avoir rendu possible ce moment de rencontre.
Dans nos villes parfois déshumanisées, où la solitude gagne du terrain, ces événements sont essentiels.
L’art devient alors un prétexte magnifique pour se regarder, se parler, s’écouter.
Avec Geneviève LeBel et François-René Despatis L’Écuyer, nous avons partagé bien plus que des œuvres : un instant d’humanité et de poésie.
Merci de nous rappeler que l’art rassemble, et qu’il nous relie les uns aux autres
Encan de la Fondation Jordi Bonet 2025
M. Alain Belhumeur, réalisateur et ami de la Fondation Jordi Bonet
Grâce à vous, l’art contemporain rayonne
Un immense merci !
C’est avec une profonde gratitude et une émotion sincère que toute l’équipe de la Fondation Jordi Bonet souhaite remercier chaleureusement les artistes, collectionneurs, amateurs d’art et amis qui ont fait de notre encan-bénéfice 2025 un succès exceptionnel.
Votre passion pour l’art, que vous partagez si généreusement avec nous, constitue la force vive qui anime toutes nos actions et donne sens à notre mission.
Un succès collectif remarquable
Grâce à la générosité extraordinaire de nos 80 artistes participants et à l’enthousiasme vibrant de nos enchérisseurs, nous avons eu l’immense bonheur d’amasser la somme remarquable de 27 000 $.
Ce montant exceptionnel transcende les chiffres : il représente le terreau fertile de nos ambitions futures et nous inspire à voir toujours plus grand. Il nous permet dès aujourd’hui d’envisager avec confiance la création d’une exposition d’envergure en 2026, qui réunira plusieurs figures marquantes de la scène des arts visuels contemporains du Québec.
Notre engagement renouvelé
Au-delà de cet événement phare, votre soutien indéfectible nous conforte dans notre mission et de manière complémentaire nous étudions un moyen de déployer les meilleures stratégies pour accompagner nos artistes dans leur développement professionnel, en portant une attention particulière à ceux qui méritent une reconnaissance accrue.
Nous pensons notamment aux artistes émergents qui façonnent l’avenir de la création, aux artistes chevronnés dont l’expérience constitue un patrimoine précieux, ainsi qu’aux femmes artistes de plus de 40 ans qui, avec une maturité artistique nouvelle, choisissent de se consacrer pleinement à leur art et enrichissent notre paysage culturel.
Un horizon prometteur
L’année 2025 s’annonce riche en réalisations avec la concrétisation de nouveaux projets, dont une exposition inédite et un projet éducatif novateur qui nous tiennent particulièrement à cœur et qui témoigneront de notre engagement continu envers la démocratisation de l’art.
Ensemble, nous contribuons activement à la vitalité et à la reconnaissance de la création québécoise. Notre aventure commune ne fait que commencer, alors restez à l’affût des prochains chapitres !
Du fond du cœur, merci.
L’équipe de la Fondation Jordi Bonet
Présentation de l’encan 2025 – Fondation Jordi Bonet. 3-4 mai
Pour l’édition 2025 de notre encan-bénéfice, j’ai souhaité proposer une lecture singulière des œuvres réunies cette année : une grille de lecture traversée par l’héritage de deux créateurs d’exception, deux cousins liés par le nom, la vision, et la quête de transcendance dans l’art.
Jordi Bonet i Godó, muraliste, sculpteur et pionnier de l’art public au Canada, fut l’un de ces artistes rares capables d’inscrire dans la matière brute un souffle spirituel, une présence. Son œuvre, profondément enracinée dans la modernité québécoise et l’expression du sacré dans l’espace public, dialogue aujourd’hui avec celle de son cousin,
Jordi Bonet Armengol, architecte en chef de la Sagrada Família à Barcelone de 1987 à 2012, continuateur de l’œuvre monumentale et organique de Gaudí.
Cette exposition-encan devient ainsi une constellation d’œuvres contemporaines éclairées par cette double présence : celle d’un art incarné dans la pierre, dans le lieu, et d’un art architecturé dans l’invisible, tendu vers le haut.
Plus de 80 artistes d’ici ont généreusement répondu à l’appel, chacun et chacune portant en soi une voix unique, mais résonnant, d’une manière ou d’une autre, avec cette grande filiation : celle d’un art qui unit la forme au sens, le geste au sacré, l’individuel à l’universel.
—
Laurent Bonet
Commissaire
Directeur artistique, Fondation Jordi Bonet




Événements passés
Couples artistes 2024
Exposition "Couples Artistes" 2024 : Une célébration unique de l'art en duo
L'année 2024 a marqué un moment historique pour la Fondation Jordi Bonet avec l'exposition exceptionnelle "Couples Artistes", présentée dans le cadre majestueux du Manoir Rouville-Campbell à Mont-Saint-Hilaire. Ce lieu emblématique, qui fut la résidence de Jordi Bonet de 1969 à 1979 et de son épouse Huguette jusqu'en 1986, a servi d'écrin parfait pour cette célébration de l'art en duo.
Un succès retentissant
En seulement trois jours d'exposition, plus de
1 000 visiteurs ont franchi les portes du Manoir pour découvrir plus de 110 œuvres créées par 20 couples d'artistes québécois contemporains. Cette affluence remarquable témoigne de l'intérêt du public pour ce concept unique, mariant art et intimité créative.
Une diversité artistique éblouissante
L'exposition a présenté un éventail impressionnant de médiums et de styles :
- Sculptures en métal, céramique, porcelaine, verre soufflé, bronze, bois et bien d'autres matériaux :
- Peintures à l'huile et acrylique
- Installations multimédias innovantes
- Art numérique et projections audiovisuelles
- Photographies d'art
Une expérience immersive
Les visiteurs ont été invités à plonger dans l'univers intime des couples d'artistes grâce à :
- Des phrases inspirantes écrites par les artistes eux-mêmes
- Des photos d'ateliers révélant les coulisses de la création
- Des installations interactives
- Une scénographie soignée mettant en valeur chaque œuvre
Un hommage à Jordi et Huguette Bonet
Cette exposition a également été l'occasion de célébrer l'héritage de Jordi et Huguette Bonet, deux sculpteurs visionnaires dont la collaboration créative continue d'inspirer les générations actuelles. Leur histoire d'amour et de création partagée a servi de fil conducteur à cet événement unique.
Une collaboration réussie
Le succès de l'exposition doit beaucoup au soutien précieux de la Ville de Mont-Saint-Hilaire, qui a mis à disposition le Manoir Rouville-Campbell et apporté un important soutien logistique et financier. Cette collaboration exemplaire a permis de créer un événement culturel marquant pour la région.
L'exposition "Couples Artistes" a brillamment illustré la richesse de la création artistique en duo, tout en renforçant la mission de la Fondation Jordi Bonet : promouvoir l'art contemporain québécois.

Médiation 2024
Sur les traces de
Jordi Bonet
Une rencontre touchante sur les traces de Jordi Bonet
La Maison Villebon de Beloeil a accueilli une médiation culturelle unique autour de l'œuvre et de la philosophie de Jordi Bonet, présentée à travers le regard privilégié de son fils Laurent Bonet. Dans une ambiance intime et chaleureuse, les participants ont pu découvrir des facettes méconnues de cet artiste majeur du Québec moderne.
La présentation, appuyée par des projections d'archives visuelles, a permis d'explorer la démarche créative singulière de Jordi Bonet ainsi que sa vision humaniste de l'art. Les échanges qui ont suivi ont révélé l'impact durable de son héritage artistique, tant dans l'espace public que dans la mémoire collective.
Cette activité de médiation s'inscrit dans la mission de la Fondation de préserver et diffuser l'œuvre de Jordi Bonet, tout en favorisant un dialogue enrichissant entre les générations. L'événement témoigne de l'intérêt soutenu du public pour cet artiste visionnaire qui a marqué le paysage culturel québécois par ses créations monumentales et son approche novatrice.
La Fondation remercie la Maison Villebon pour son accueil, ainsi que tous les participants qui ont contribué à faire de cette rencontre un moment d'échange privilégié autour de l'héritage de Jordi Bonet.

Devenir comme l'arbre 2023
L'Exposition "Devenir comme l'arbre" (2023)
Une Exposition Phare
L'exposition "Devenir comme l'arbre" a marqué le premier temps fort de l'année 2023 pour la Fondation Jordi Bonet, inaugurant une série d'événements majeurs avec éclat. Cette exposition novatrice s'est distinguée par sa réflexion profonde sur notre relation avec la nature et l'environnement.
Les Artistes Participants
L'exposition a réuni plusieurs artistes de renom
- Mathieu Laca
-Jérôme Poirier
- Claude Millette
- Dominique Gaucher
- Jordi Bonet
-Geneviève LeBel
-Amer Rust
-Jibé Laurin
-Élaine Despins
-Marie-Josée Roy
-Line St-Jean
-Daniel Bernard
-Joann Côté
-Pierre Leblanc
-Laurent Bonet
Thématique et Vision
Chaque œuvre présentée invitait les visiteurs à une réflexion approfondie sur notre connexion avec la nature et l'environnement, créant un dialogue entre l'art et les enjeux écologiques contemporains.
Contexte et Impact
L'exposition s'est inscrite dans une année particulièrement dynamique pour la Fondation, marquant un renouveau après une période de latence.
Elle a constitué le premier volet d'une série de trois événements majeurs en 2023, aux côtés de :
- Un encan-bénéfice d'œuvres d'art
- L'événement de Land art urbain au Jardin Daniel A. Séguin
Vision Artistique
Elle a permis de :
- Créer un dialogue entre l'art et les enjeux environnementaux
- Présenter des œuvres qui interrogent notre rapport à la nature
- Offrir une plateforme d'expression pour des artistes engagés

Tout est Gaïa 2023
Le Land Art Urbain : Une Approche Novatrice de l'Art Environnemental
Une Vision Innovante
Le land art urbain représente une fusion unique entre l'art contemporain et le paysage urbain, intégrant des matériaux naturels et recyclés dans une démarche créative qui questionne notre relation avec l'environnement. Cette pratique artistique émergente cherche à transcender les frontières traditionnelles entre l'artificiel et le naturel, tout en stimulant une réflexion profonde sur la place de l'homme dans son environnement
L'Événement Phare de 2023
En septembre 2023, sous la présidence d'honneur de Marc Séguin, artiste reconnu pour son engagement dans l'art contemporain et le Land art, la Fondation Jordi Bonet a organisé un événement majeur au Jardin Daniel A. Séguin. Cette initiative a réuni :
- 10 équipes combinant étudiants en horticulture de l'ITAQ et artistes professionnels
- Plus de 2000 visiteurs durant les Journées de la culture
- Une approche unique mêlant créativité, écologie et art contemporain.
Impact et Réalisations
Le projet a connu un succès remarquable, démontré par :
- La création de sculptures éphémères utilisant des éléments naturels et recyclés
- Une forte affluence du public, témoignant de l'intérêt pour le dialogue entre art et nature
- Un impact durable sur la sensibilisation aux enjeux environnementaux
Approche Pédagogique et Philosophique
Le projet propose une perspective novatrice qui :
- Dépasse la pensée dualiste traditionnelle (naturel vs artificiel)
- Encourage les étudiants à questionner leurs présuppositions sur l'esthétique
- Favorise une vision du monde comme système interconnecté
- Stimule la créativité libre et non-conventionnelle
Le Rôle de la Fondation Jordi Bonet
La Fondation se positionne comme un catalyseur important dans le paysage artistique contemporain avec :
- Une mission claire d'appréciation des arts par le public
- L'organisation d'expositions et d'événements d'art contemporain
- Un engagement fort dans l'éducation artistique
Les Acteurs Clés
Marc Séguin : Président d'honneur
Laurent Bonet : Responsable des expositions et membre du conseil d'administration
La Fondation Jordi Bonet continue d'enrichir le paysage culturel et artistique urbain à travers ces initiatives innovantes qui marient art, écologie et éducation. Son approche unique permet de créer des ponts entre différentes disciplines tout en sensibilisant le public aux enjeux environnementaux contemporains.
Liste des artistes:
1. Daniel-Vincent Bernard
2. Jérôme Poirier
3. Dominic Besner et Jocelyn Lussier
4. Claude Millette, Lucie Diotte et Galina Stetco
5. Patrick Monast et Véronique Pépin
6. Chantal Lagacé et Brigitte Gendron
7. Marie-Josée Roy
8. Cédric Loth et Arthur Loth
9. François-René Despatis l'Écuyer
10. Geneviève LeBel


Les affiches
Création de Jibé Lauin
























