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- Médiation 2023 | Fond Jordi Bonet
Activités de médiations culturelle (2023)de la Fondation Jordi Bonet. ateliers, échangeset rencontres autour de l'art contemporain au Québec. TOUT EST GAÏA 2023 La médiation Le dispositif pédagogique ne fonctionnait pas en marge des œuvres — il en était la condition de production. Le jumelage artistes-étudiants n'était pas un programme de mentorat classique ; il instaurait une situation de travail partagé où deux savoirs — celui de la terre cultivée et celui de la matière sculptée — devaient cohabiter dans un même geste. Pour les étudiants en horticulture, l'expérience déplaçait les catégories acquises en formation : le végétal n'était plus seulement un organisme à gérer mais un matériau expressif ; le jardin n'était plus un espace à entretenir mais un terrain de composition. Pour les artistes, la collaboration imposait de rendre leur processus lisible, négociable, transmissible — un exercice qui modifie la pratique elle-même. Plus de 2 000 visiteurs ont traversé le parcours pendant les Journées de la culture. La médiation s'est opérée à deux niveaux : par la rencontre directe avec les équipes de création au travail — le public assistait au processus autant qu'au résultat — et par le caractère éphémère des œuvres, qui rendait chaque visite irréversible. Rien à acheter, rien à conserver. Seulement un regard à poser, dans le temps qu'il reste.
- Partenaires | Fond Jordi Bonet
Découvrez les partenaires institutionnels et privés qui soutiennent les expositions d'art contemporain de la Fondation Jordi Bonet à Mont-Saint-Hilaire. L'ART FAIT CE QUE LA PUBLICITÉ NE PEUT PAS Depuis 2018, la Fondation Jordi Bonet unit le monde de la culture et celui des affaires pour créer des preuves tangibles d'engagement. UN ÉCOSYSTÈME QUI GRANDIT Institutions publiques, entreprises et collaborateurs : ils soutiennent notre mission et rendent nos projets possibles Partenaires institutionnels Partenaires privés QUAND UN REBUT DEVIENT UNE OEUVRE Le public ne rejette pas l'économie circulaire — il ne la connaît pas assez pour y participer. Les campagnes de sensibilisation et les rapports ESG rejoignent un public déjà convaincu. Pour éduquer les autres, il faut un véhicule différent. Ce constat n'est pas le nôtre seul. Le gouvernement du Québec investit 758 millions de dollars dans sa Feuille de route en économie circulaire tout en reconnaissant que la transition exige des modèles innovants. Le CALQ consacre 5 millions à faire circuler les œuvres et à renforcer la médiation culturelle. L'ex-PDG de RECYC-QUÉBEC participe à nos panels. Quand les institutions publiques, les conseils des arts et les figures de la société civile convergent vers la même conclusion — que l'art peut éduquer là où la communication ne fait qu'informer —, ce n'est plus une intuition. C'est une direction. La Fondation Jordi Bonet propose une réponse par l'acte. Nos expositions transforment des matériaux récupérés en écocentres — bois de construction, métaux, objets du quotidien — en œuvres d'art de calibre international, validées par des institutions muséales et portées par des artistes reconnus. Ce n'est pas un discours sur l'économie circulaire. C'est une démonstration devant public. Mais la Fondation porte une mission plus large, enracinée dans la vision de Jordi Bonet : l'art comme outil de transformation sociale. En parallèle de cette écologie des matériaux, nos activités — expositions, encans-bénéfice thématiques, ateliers de médiation culturelle, panels publics, capsules vidéo et projets éducatifs — travaillent à développer chez le citoyen l'intelligence émotionnelle — condition première de l'esprit critique, sans lequel aucune écocitoyenneté véritable n'est possible. Comprendre pourquoi on surconsomme avant de comprendre comment recycler. Sentir avant de trier. Pour un partenaire, s'associer à la Fondation pendant quatre ans, c'est soutenir un projet qui agit sur deux fronts indissociables : la transition écologique et la capacité collective à penser, ressentir et agir autrement. CE QUE NOUS AVONS DÉJÀ DÉMONTRÉ Dévoiler le potentiel de la matière — Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire, novembre 2025 Treize artistes professionnels ont transformé des matériaux récupérés en écocentres en œuvres sculpturales devant plus de 350 visiteurs par jour. Un panel animé par Émilie Perreault (ICI Première) a réuni des acteurs clés de l'économie circulaire — dont Ginette Bureau, ex-PDG de RECYC-QUÉBEC — dans une conversation publique sur le rôle de l'art dans la transition écologique. L'événement a généré une couverture médiatique nationale et confirmé que le modèle est prêt à se déployer à l'échelle du Québec. Ce qui se prépare HORROR VACUI/AMOR VACUI 2026-2029 Fort du succès de Dévoiler le potentiel de la matière, la Fondation développe actuellement son projet le plus ambitieux : Horror Vacui, une exposition-installation itinérante qui explorera la peur du vide — cette pulsion contemporaine de combler chaque espace par l'accumulation d'objets, d'informations, de certitudes. Le dispositif scénographique transformera des réfrigérateurs récupérés en écocentres en une architecture immersive. Les visiteurs traverseront un espace qui incarne physiquement la thèse de l'économie circulaire, portée par 7 à 11 artistes professionnels recrutés par appel de dossiers et comité de pairs, selon les normes CARFAC-RAAV. Le projet prévoit une itinérance dans des institutions muséales reconnues à travers le Québec en 2028-2029, culminant avec le 50e anniversaire du décès de Jordi Bonet — un événement commémoratif d'envergure nationale. Découvrir PALIERS DE PARTENARIAT HORROR VACUI/AMOR VACUI 2026-2029 Le palier Présentateur inclut une exclusivité sectorielle absolue : un seul partenaire par industrie au plus haut niveau. Les paliers Majeur, Associé et Ami sont ouverts sans restriction de secteur. Palier 1 — Partenaire Présentateur Le plus haut niveau d'engagement. Votre nom est associé au titre du projet : Horror Vacui/Amor Vacui présentée par [Entreprise]. Vous bénéficiez d'une exclusivité sectorielle absolue, d'une visibilité de premier plan sur l'ensemble des supports, de droits d'utilisation complets des images pour vos rapports ESG, de 6 invitations VIP par vernissage, de rencontres privées avec les artistes, d'une présence dans le catalogue et d'une mention dans le volet 50e anniversaire de Jordi Bonet. Engagement sur la durée complète du projet (4 ans, 2026-2029). Palier 2 — Partenaire Majeur Un engagement significatif avec une visibilité proéminente sur tous les supports imprimés et numériques (après le Présentateur), une mention dans les communiqués de presse, 4 invitations VIP par vernissage et un rapport d'impact sommaire annuel. Aucune exclusivité sectorielle — plusieurs partenaires d'un même secteur peuvent coexister à ce palier. Engagement sur la durée complète de 4 ans. Palier 3 — Partenaire Associé Un engagement par lieu d'itinérance qui vous positionne comme un allié du projet. Mention sur la page web de l'événement, 1 invitation VIP au vernissage du lieu, remerciement au vernissage. Possibilité de contribution en nature (transport, matériaux, services professionnels). Ouvert sans restriction de secteur ni de nombre. Palier 4 — Ami de la Fondation Un soutien ponctuel ou récurrent qui contribue directement à la réalisation du projet. Votre nom est inscrit sur le site web de la Fondation (section Amis) et dans le rapport annuel. Reçu fiscal émis pour la portion admissible. Ouvert à tous — entreprises, fondations, individus — sans restriction. POURQUOI MAINTENANT ? Les appels de dossiers et les démarches auprès des lieux de diffusion sont en cours. Les partenaires qui s'engagent dès 2026 ne s'associent pas uniquement à Horror Vacui — ils sont présents sur l'ensemble des activités de la Fondation pendant quatre ans : expositions en institutions muséales et en lieux alternatifs, encans-bénéfice thématiques, ateliers de médiation culturelle, panels publics, capsules vidéo et projets éducatifs. C'est quatre années de visibilité continue, pas un logo sur une affiche pendant trois mois. Les premiers partenaires bénéficient du statut de Partenaire Fondateur — une reconnaissance qui perdurera tout au long du déploiement national. Vous souhaitez explorer un partenariat avec la Fondation Jordi Bonet ? Téléchargez notre dossier de partenariat pour découvrir les détails de notre proposition, ou contactez-nous directement pour une conversation. NOUS CONTACTER Laurent Bonet Directeur général et artistique Fondation Jordi Bonet info@fondationjordibonet.info laurent.bonet.fjb@gmail.com
- Sculpteur architecte 2024 | Fond Jordi Bonet
Sculpteur architecte (2024) : la rencontre de deux cousins portant le même nom — Jordi Bonet i Godo, sculpteur, et Jordi Bonet i Armengol, architecte en chef de la Sagrada Familia de Barcelone. UNE CONSTELLATION (ENCAN 2024) Commissaire : Laurent Bonet Il arrive que deux trajectoires, nées du même nom et du même sang, tracent dans le siècle des lignes parallèles qui ne se croisent jamais — et pourtant se répondent en permanence. Jordi Bonet i Godó et Jordi Bonet Armengol sont de ces créateurs dont l'œuvre forme, à distance, un seul geste prolongé : celui de donner à la matière la charge de ce qui la dépasse. Pour l'édition 2025 de notre encan-bénéfice, j'ai souhaité proposer une lecture singulière des œuvres réunies cette année. Non pas un thème imposé, mais une grille de lecture — une fréquence, presque — traversée par l'héritage de ces deux cousins liés par le nom, la vision, et la quête de transcendance dans l'art. Deux Jordi, un même souffle Jordi Bonet i Godó, muraliste, sculpteur et pionnier de l'art public au Canada, fut l'un de ces artistes rares capables d'inscrire dans la matière brute un souffle spirituel, une présence. Son œuvre, profondément enracinée dans la modernité québécoise et l'expression du sacré dans l'espace public, ne décorait pas les lieux : elle les fondait. Chaque mur devenait sous ses mains un seuil entre le visible et ce qui travaille en dessous — la mémoire, la douleur, l'élan vers quelque chose de plus grand que soi. Son cousin, Jordi Bonet Armengol, architecte en chef de la Sagrada Família à Barcelone de 1987 à 2012, a poursuivi pendant un quart de siècle l'œuvre monumentale et organique de Gaudí. Là où le premier taillait dans la pierre pour y loger le sacré, le second architecturait l'invisible, tendant chaque voûte, chaque colonne vers le haut — vers cette lumière que la structure ne contient pas mais qu'elle rend possible. Deux gestes. Deux disciplines. Une même conviction : que l'art n'orne pas le monde, il le fonde. Une constellation Cette exposition-encan devient ainsi une constellation d'œuvres contemporaines éclairées par cette double présence. Plus de quatre-vingts artistes d'ici ont généreusement répondu à l'appel, chacun et chacune portant en soi une voix unique, mais résonnant — d'une manière ou d'une autre — avec cette grande filiation. Il ne s'agit pas de filiation stylistique. Aucune des œuvres ici réunies ne cherche à imiter ni à prolonger la manière de l'un ou l'autre Bonet. Ce qui les relie est plus profond et plus libre : c'est cette intuition partagée que la forme, lorsqu'elle est juste, ouvre un passage. Que le geste artistique, lorsqu'il atteint sa nécessité, cesse d'être expression personnelle pour devenir lieu — un lieu où le regardeur, à son tour, peut entrer. Réalisation : Alain Belhumeur (Animavision)
- Jiwan Larouche | Fond Jordi Bonet
Jiwan Larouche, sculpteure en art contemporain québécois. Monarde, reflet du rebus : sculpture hybride en acier et textile récupérés. Exposition DPM, Fondation Jordi Bonet. Jiwan Larouche Originaire de Lévis, vit et travaille à Québec. Formé·e en traduction (Université Laval, 2016), Jiwan Larouche bifurque vers la création en 2016, d'abord par la marionnette et les décors de théâtre — productions au Diamant, au Musée de la civilisation, aux côtés du maître marionnettiste Pierre Robitaille (Pupulus Mordicus). Suit un DEC en sculpture à la Maison des métiers d'art de Québec (Cégep Limoilou, 2019-2022). Le parcours n'est pas détour mais fondation : le savoir-faire scénographique — construire des corps habitables, donner présence à des figures dans l'espace — irrigue directement la pratique sculpturale qui s'affirme depuis. Triple lauréat·e à la sortie de formation (Grand prix Matéria, Grand prix MMAQ, Prix Coup de cœur Télé-Québec, 2022), Larouche reçoit trois bourses Première Ovation consécutives (2022-2024) et le Prix Relève professionnelle en Capitale-Nationale du Conseil des arts et des lettres du Québec (2025). Expositions au Musée de la Civilisation (Unique en son genre, 2023), au Musée du Bas-Saint-Laurent, au Centre Materia dans le cadre de la Manif d'art (commissaire Virginie Brunet-Asselin, 2024), à la Villa Bagatelle, à la Galerie Chiguer art contemporain (solo, 2023). Participation au 43e Symposium international d'art contemporain de Baie-Saint-Paul et à la Manif d'art 2025 (Les jardins d'hiver). Technicien·ne de l'atelier de métal à L'Œil de Poisson. L'opération sculpturale est constante : moulages de corps humains en plâtre, résine ou silicone — fragments plutôt que figures complètes : mains, pieds, torses, visages — sur lesquels se greffent progressivement des structures métalliques (acier, aluminium) recouvertes de tissus rembourrés, broderies, ornements, perles, pierres. Le geste assemble trois règnes — humain, végétal, animal — non par illustration mais par greffe matérielle : le corps moulé devient support d'une prolifération textile et organique qui brouille les frontières entre chair, flore et fabrication. L'artiste nomme ces hybridations des « créations où se rencontrent les univers animaux, végétaux et humains ». Deux axes traversent les projets. Le premier est identitaire : fluidité des genres, diversité des corps, ce que Larouche appelle « la nature queer et fluide des genres et des relations ». Les corps paysages (2023-2024, présenté à la Galerie Chiguer puis à la Maison de la culture Pierre-Chartrand à Montréal) installe sur une structure baroque — pattes de chien sculptées, ornements brodés — deux corps moulés dans un lit de nature. L'artiste le décrit comme « une utopie saphique » : un lieu paisible donnant forme à ce qui est empêché par les injonctions sociales. Les Trois Grâces (2022-2023, Diamant, Charpente des fauves, Phoque OFF) poursuit dans le registre utopique. Le second axe est territorial et relationnel. Topographies marginales (résidence Vrille art actuel, Musée québécois de l'agriculture et de l'alimentation, La Pocatière, 2024) prend les cabourons — collines typiques du Kamouraska — comme point de départ. Moulages de mains des participant·es forment des structures évoquant ces formations géologiques, recouvertes d'éléments textiles brodés, de lichen et de baies cueillies sur place. Le projet met en relation paysage et corps invisibilisés, géographie et identité queer. L'écho des enraciné·e·s (2023-2024) s'enracine dans la communauté wendate-huronne de Wendake. Dans les deux cas, le participatif n'est pas accessoire mais méthode : les moulages intègrent littéralement les corps des participant·es à l'œuvre, la broderie ouvre des temps de présence partagée. Les deux axes — intime et territorial — ne sont pas séparés. La pratique revient constamment au même geste : mouler un fragment de corps réel, le greffer à une structure, recouvrir de textile et de végétal, produire un hybride qui n'est ni portrait ni paysage mais les deux à la fois. Le corps devient paysage; le paysage prend corps. À propos
- Fondation Jordi Bonet | Art contemporain
Les 13 artistes professionnels de l'exposition Dévoiler le potentiel de la matière (2025), dont Raphaëlle de Groot et Gilbert Poissant. Fondation Jordi Bonet. DÉVOILER LE POTENTIEL DE LA MATIÈRE 19 – 23 novembre 2025 · Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire Commissaire : Laurent Bonet · Production : MRCVR/Fondation Jordi Bonet Treize artistes. Des tonnes de matière extraites des écocentres de la Vallée-du-Richelieu. Un dispositif scénographique où des réfrigérateurs vidés de leur fonction devenaient les seuils d'un parcours à la fois sensoriel et critique. Dévoiler le potentiel de la matière a été initiée par Sabrina Brochu , agente de développement culturel à la MRC de La Vallée-du-Richelieu , dans le cadre de l'entente de développement culturel avec le Gouvernement du Québec. La MRC a confié à la Fondation Jordi Bonet le mandat de concevoir et de produire le projet. Ce qui aurait pu rester une opération de sensibilisation environnementale est devenu, par la confiance accordée à la Fondation, un espace de questionnement ouvert — un lieu où l'économie circulaire ne servait pas de thème mais de condition matérielle à une interrogation plus profonde sur notre rapport au rebut, à la valeur et au vide. La démarche respective de chaque artiste : Martine Bertrand André Boisvert Joann Côté Chloë Charce François-René Despatis L'Écuyer Raphaëlle De Groot Jiwan Larouche Jibé Laurin Geneviève LeBel Vincent Lussier François Mathieu Gilbert Poissant Janna Yotte Ils ont travaillé à partir de matières détournées de l'enfouissement : métaux, plastiques, bois, composantes d'électroménagers. Leurs œuvres ne se contentaient pas de recycler ; elles transmutaient. Chaque geste sculptural affirmait que la matière délaissée porte en elle un potentiel que seul le regard artistique peut activer — et que cette activation est un acte politique autant qu'esthétique. La collaboration avec la MRC de La Vallée-du-Richelieu a été exemplaire à un titre précis : l'institution a choisi de ne pas instrumentaliser l'art au service d'un message prédéfini. Elle a laissé au commissariat la liberté de construire un dispositif qui travaille la conscience plutôt que de la convaincre. Cette posture — rare, courageuse — a permis au projet de dépasser la démonstration pour devenir une expérience. La soirée de lancement, animée par Émilie Perreault en présence des panélistes Ginette Bureau, Raphaëlle de Groot, Simon Paré-Poupart et Lucie Sauvé, a rassemblé près de 1 000 visiteurs en trois jours. La Fondation Jordi Bonet remercie chaleureusement Desjardins — Caisse de Beloeil-Mont-Saint-Hilaire — pour son soutien essentiel à la réalisation de notre mission.
- Médiation 2024 | Fond Jordi Bonet
Activités de médiation culturelle 2024 de la Fondation Jordi Bonet. Programmation éducative en lien avec les expositions d'art contemporain. KAPUT 2025 Merci au Festival Kaput ! et à la Ville de Beloeil d’avoir rendu possible ce moment de rencontre. Dans nos villes parfois déshumanisées, où la solitude gagne du terrain, ces événements sont essentiels. L’art devient alors un prétexte magnifique pour se regarder, se parler, s’écouter. Avec Geneviève LeBel et François-René Despatis L’Écuyer, nous avons partagé bien plus que des œuvres : un instant d’humanité et de poésie. Merci de nous rappeler que l’art rassemble, et qu’il nous relie les uns aux autres
- Jibé Laurin | Fond Jordi Bonet
Jibé Laurin, artiste en sculpture. Angle mort : acier post-consommation de voitures abandonnées, une réflexion sur l'obsolescence. Exposition DPM, Fondation Jordi Bonet. Jibé Laurin Née en Montérégie, vit et travaille dans la Vallée-du-Richelieu. Diplômée en design graphique (Cégep Ahuntsic), complète un baccalauréat en beaux-arts avec majeure en Design Art (Université Concordia). Active comme artiste en arts visuels depuis 2018, a présenté huit expositions individuelles — notamment au Moulin La Lorraine (Nature en péril, 2023), à la Maison de la culture Villebon à Beloeil (2024) et au Pôle culturel de Chambly (Écosystèmes, 2025) — et participé à une trentaine d'expositions collectives, dont Rouages, Visions industrielles au MUSO. Membre professionnelle du RAAV et de Circa Art Actuel. Participante aux projets de la Fondation Jordi Bonet depuis 2024. La double formation — graphisme, puis beaux-arts — n'est pas un parcours en deux temps: c'est le système d'exploitation de toute la pratique. Un graphiste pense en termes de composition, hiérarchie visuelle, rapport figure/fond, grille, cohérence chromatique. Quand Laurin assemble des fragments d'acier automobile sur panneau de bois, ces principes sont actifs: chaque pièce est calibrée par rapport à l'ensemble, le vide fonctionne comme espace négatif, la couleur — rouille, patine, peinture résiduelle, métal nu — est traitée comme palette. Ce n'est pas de l'assemblage intuitif: c'est de la mise en page tridimensionnelle appliquée à de la matière industrielle. Le matériau principal — acier recyclé de voitures provenant de la ferraille — est découpé, plié, percé, assemblé. À cela s'ajoutent cuivre, laiton, acier Corten, épingles, clous, billes, cordes d'instruments de musique, chaînes, rivets, lattes de stores, panneaux de signalisation en aluminium, caoutchouc. L'artiste ne choisit pas ces matériaux pour leur charge symbolique d'abord — elle les choisit pour leurs qualités plastiques: densité, grain, patine, capacité de découpe, réponse à l'oxydation. La patine, en particulier, fonctionne comme un médium en soi. Laurin la « détecte autant en milieux naturels que sur des objets industriels marqués par le passage du temps »: l'usure inscrit dans la surface une durée que la peinture seule ne peut produire. Le temps devient matériau graphique — texture, teinte, profondeur — au même titre que la couleur ou la ligne. La série Steel Life opère un décalage de genre. Steel Life / Still Life: une lettre suffit à retourner la nature morte classique. Le genre persiste — composition sur fond, cadrage serré, attention aux surfaces — mais le vocabulaire matériel le renverse: l'acier automobile remplace le fruit, la fleur, le crâne. Ce qui était catalogue de l'éphémère organique devient inventaire de la persistance industrielle. La série Échantillons de biodiversité pousse la logique plus loin: des tableaux sculpturaux qui « immortalisent des éléments de la flore, de la faune et de la géologie en état de fragilité » — mais les fabriquent en acier automobile. La contradiction matériau/sujet est structurelle, pas accidentelle: on regarde des écosystèmes menacés reconstruits avec le déchet industriel qui les menace. L'œuvre ne dénonce pas — elle performe le paradoxe. La série Fragments (formats 4" × 4") introduit une logique modulaire. Chaque pièce = une unité combinatoire dans un vocabulaire de matériaux: acier + épingles à coudre, acier + cordes d'instruments, acier + chaînes, acier + billes. Le format constant permet la variation systématique du contenu — le principe même du système typographique, où la contrainte dimensionnelle libère l'invention formelle. La série Signalétique referme la boucle: des panneaux de signalisation en aluminium — objets graphiques par excellence, conçus pour organiser l'espace public par le signe — sont recyclés en compositions où le pictogramme, la flèche, la couleur réglementaire perdent leur fonction indicielle pour redevenir surface, forme, matière. Une graphiste qui récupère des signes graphiques et les déplace du régime de l'information vers celui de la plasticité opère un retournement qui n'est pas sans rapport avec le ready-made: l'objet change de régime sans changer de forme. Ce qui traverse l'ensemble = une recherche sur la cohésion. L'artiste la formule comme « quête constante de cohésion entre ce qui est vivant et ce qui est façonné ». En termes formels: comment faire tenir ensemble, dans un même plan, des matériaux qui viennent de registres incompatibles — biologique et industriel, usé et neuf, découpé et trouvé. La réponse est graphique: par la composition. La grille, l'équilibre des masses, le rapport chromatique, le rythme des pleins et des vides produisent l'unité que le contenu devrait empêcher. C'est parce que la cohérence visuelle est rigoureuse que la contradiction matérielle devient lisible — et c'est là, exactement, que le savoir du design fonde la pratique artistique. À propos
- Joann Côté | Fond Jordi Bonet
Joann Côté, artiste en sculpture et performance. Entre l'ordre et le chaos : chambres à air et grillage en équilibre précaire. Exposition DPM, Fondation Jordi Bonet. Joann Côté Née à Montréal, vit et travaille à Mont-Saint-Hilaire. Formée en design de mode (Collège Marie-Victorin), poursuit formation autodidacte en sculpture, gravure, photogravure et interprétation de l'art actuel au Canada, aux États-Unis et en Europe. Artiste pluridisciplinaire — peinture, sculpture, performance, installation, photographie — représentée par la Galerie Blanche (Montréal) et les Galeries Beauchamp. Exposition au Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire. Fonde et dirige le Verger créatif de Mont-Saint-Hilaire, lieu de résidence accueillant des artistes en collaboration avec la Ville et le ministère de la Culture. Œuvres dans des collections privées et corporatives au Canada, aux États-Unis et en Amérique centrale. Participante aux projets de la Fondation Jordi Bonet depuis 2024. La pratique procède par détournement. Côté ne recycle pas: elle hacke. Le terme est le sien, documenté dans sa démarche au MBAMSH — « détourner l'usage spécifique d'un objet afin de l'emmener vers un autre propos, parfois contradictoire avec l'objet initial ». C'est une méthode, pas un effet: le matériau récupéré conserve intacte sa mémoire d'usage (le pneu reste pneu, le câble reste câble, le fil métallique reste fil) mais la configuration le force à fonctionner autrement. Le résultat n'est pas une réconciliation — c'est une tension maintenue. Cette tension s'organise autour d'une forme récurrente: le corps absent. La Robe de trail — sculpture monumentale dont le buste de cuir, métal et écorce récupérés surplombe des centaines de bandes de pneus cascadant au sol — ne contient personne. Ailleurs, un torse ajouré, constitué intégralement de boucles métalliques formant structure alvéolaire, rend la figure humaine simultanément reconnaissable et perméable: on voit à travers le corps. La forme vestimentaire — héritage direct de la formation en mode — n'habille pas ici: elle fabrique un creux, un espace négatif qui rend la présence lisible par son manque. Le vêtement se fait architecture d'absence. La collision matérielle est systématique. Pneus industriels contre silhouette élégante; câble caoutchouc noir et boucles métalliques autour d'une ampoule nue dont la lumière filtre à travers l'enchevêtrement; débris de la Côte-Nord assemblés en corsage que prolonge une traîne d'asphalte. Côté nomme cela le « propos contradictoire »: chaque pièce tient parce que ses composantes résistent les unes aux autres. Le délicat n'adoucit pas le brutal — il le rend visible. Le brutal ne détruit pas le délicat — il le charge. L'équilibre n'est pas repos: c'est une opposition qui ne se résout pas. Parallèlement, une pratique d'image traverse le travail. La photographie — point de départ déclaré de sa recherche — y fonctionne non comme représentation mais comme matériau à transférer, superposer, dégrader. Des cyanotypes botaniques, des tirages transférés sur tissu translucide et des photographies d'archives coexistent sur un même fil, quatre régimes d'image, quatre temporalités, mis à égalité par un dispositif minimal (corde, épingles). L'image change d'état matériel: elle devient textile, elle devient empreinte, elle devient fantôme. Ce passage — du signe au contact, du document à la matière — constitue le fil conducteur entre les œuvres bidimensionnelles (techniques mixtes sur papier japonais, gravure, photogravure) et les installations. Récemment, Côté amorce une production vidéo où l'artiste elle-même — corps, gestes, atelier — devient matière première, mise en scène selon le même principe de déconstruction qui gouverne les sculptures: ce qui se montre n'est pas le portrait mais les tensions entre ce qui se révèle et ce qui se dérobe. Le passage à l'image en mouvement prolonge la logique: après avoir fait du rebut un signe et du vêtement un espace, faire du processus créateur lui-même un objet de hacking — exposer la fabrication comme on expose la couture, visible et structurante. À propos
- Appel de dossiers | Fond Jordi Bonet
La Fondation Jordi Bonet honore les artistes québécois contemporains en promouvant l’intelligence créative comme catalyseur de changement social. Elle soutient des projets artistiques non conventionnels et crée des ponts entre l’art et d’autres domaines. Elle organise des ateliers et des conférences pour développer l’intelligence émotionnelle via l’art. Son approche holistique vise à « coloniser par la beauté » nos environnements APPEL DE DOSSIERS La Fondation Jordi Bonet développe des projets curatoriaux qui placent l'artiste au centre d'un dispositif pensé pour transformer — pas seulement pour diffuser. Nos expositions ne sont pas des accrochages collectifs. Ce sont des propositions commissariales à thèse, construites autour d'un cadre philosophique précis, où chaque œuvre entre en tension avec les autres et avec un propos qui la dépasse. Les artistes qui travaillent avec nous ne prêtent pas une pièce : ils et elles s'engagent dans une conversation curatoriale qui peut déplacer la lecture de leur propre pratique. Ce que la Fondation offre, et que peu de structures proposent, c'est une programmation itinérante qui circule dans des lieux institutionnels et des salles professionnelles à travers le Québec et au-delà — Montréal, Québec, Ottawa, Vallée-du-Richelieu, Lanaudière. Cette circulation produit quelque chose que la diffusion concentrée dans un seul lieu ne génère pas : un élargissement réel de la portée de l'œuvre — non pas en termes de visibilité, mais en termes de profondeur d'impact. Des publics différents, des contextes institutionnels distincts, des réceptions qui se multiplient et qui, chaque fois, activent l'œuvre autrement. Travailler avec la Fondation Jordi Bonet, c'est accepter que l'art contemporain a quelque chose à faire là où on ne l'attend pas — et que ce déplacement nourrit la pratique autant que le public. Nous accueillons les dossiers d'artistes professionnels dont la démarche entre en résonance avec les axes de notre programmation : rapport au vivant, économie de la matière, transformation de la conscience. Les axes thématiques sont définis par le commissaire ; la sélection des artistes est assurée par un comité de pairs. → Appel de dossiers : Horror Vacui : Mars 2026
- Couples artistes 2024 | Fond Jordi Bonet
Couples artistes (2024) : exposition commissariée par Laurent Bonet au Manoir Rouville Campbell. Le couple créateur comme espace de tension et de dialogueartistique. COUPLES ARTISTES 2024 Manoir Rouville-Campbell. Commissaire : Laurent Bonet · Production : Fondation Jordi Bonet Vingt couples d'artistes. Plus de 110 œuvres. Le Manoir Rouville-Campbell — résidence de Jordi et Huguette Bonet de 1969 à 1986 — comme lieu et comme sujet. Couples Artistes prenait pour objet ce que l'histoire de l'art nomme rarement : la création partagée, la négociation quotidienne entre deux subjectivités qui cohabitent dans l'atelier et dans la vie. L'exposition ne proposait pas un inventaire de duos ; elle interrogeait ce qui se produit lorsque deux pratiques — sculpture, peinture, céramique, verre soufflé, art numérique, installation — se frottent l'une à l'autre dans l'espace intime du couple. La scénographie intégrait les voix des artistes eux-mêmes — phrases manuscrites, photographies d'ateliers, témoignages sur la porosité entre vie créatrice et vie commune — transformant le parcours en une traversée à la fois documentaire et sensible. Le choix du Manoir n'était pas anecdotique. Présenter une exposition sur le couple créateur dans le lieu même où Jordi et Huguette Bonet ont vécu et travaillé ensemble revenait à activer la mémoire du bâtiment comme matériau curatorial. Le lieu ne servait pas de décor : il participait au propos. L'événement a accueilli plus de 1 000 visiteurs en trois jours — une fréquentation exceptionnelle qui a confirmé l'appétit du public pour des propositions culturelles ancrées dans le territoire et dans l'expérience humaine. Ce succès a été rendu possible par le soutien de la Ville de Mont-Saint-Hilaire, qui a mis le Manoir à disposition et assuré un appui logistique et financier déterminant, ainsi que par la contribution de nos commanditaires et partenaires. Couples Artistes demeure, pour la Fondation Jordi Bonet, une preuve de concept : la démonstration qu'un projet curatorial exigeant, ancré dans un lieu patrimonial et porté par une collaboration institutionnelle solide, peut rejoindre un large public sans rien céder sur l'intention.
